Interview : Stefan Glerum – illustration Hollande
Illustrateur et designer graphique de 28 ans Stefan Glerum évolue avec habileté entre ces deux univers grâce à un trait de crayon digne des plus grands talents de la bande dessinée. Installé à Amsterdam, il préfère passer la plupart de son temps à dessiner qu’à squatter les coffee shops. Interview.
Tu as travaillé avec Joost Swarte. Qu’as-tu appris à ses côtés ?
J’ai été son assistant durant un an avant d’intégrer l’école d’art. Une des choses les plus importantes que j’ai apprises de lui est que vous pouvez emprunter de multiples chemins artistiques dans votre carrière. En plus d’être un « comic artist », vous pouvez également être designer graphique, architecte ou designer d’intérieur. Il m’a ainsi permis de me familiariser avec différents domaines artistiques et manières de penser que je méconnaissais comme la bande dessinée ou d’autres formes d’art.
Peux-tu nous parler du projet OBEY ?
On m’a demandé de réaliser trois visuels de t-shirts pour Obey parce que j’avais dessiné un petit portrait d’un ami qui travaillait chez Obey Benelux. On m’a laissé beaucoup de liberté pour ce projet donc j’ai décidé de concevoir trois tableaux dépeignant trois situations dans le temps où les gens « luttent » pour qu’on leur obéisse ou doivent obéir. C’était très amusant à faire !
C’est quoi la journée type de Stefan Glerum ?
Cela dépend de la dose de travail. Quand j’ai plusieurs deadlines, j’ai tendance à travailler jusqu’à ce que mon énergie soit épuisée ou qu’un dessin soit terminé. Il m’arrive donc de travailler toute une nuit dans ces circonstances. Quand mon planning est un peu moins chargé, je viens au studio quand j’en ai envie et je vois avec mon
agent s’il y a quelque chose d’important en vue. Mon flux de travail varie donc selon les journées.
Est-ce que Duvel t’as envoyé des caisses de bières après ton projet avec eux ?
Ils ont envoyé beaucoup de verres surtout. Mais quand je suis allé à Antwerp pour présenter le projet, il y avait effectivement beaucoup de bière (rires).
Tu dessinais sur les tables ou peignais sur les murs à l’école ?
Oui je dessinais sur les murs mais ce n’était pas très réussi en général. Ça faisait plutôt rire mes camarades. Les jeunes et les formes phalliques sont comme le cuir et le lacet. (rires)
Ton dernier gadget ?
Une montre Pirelli P Zero offerte par Pirelli suite à mon travail d’illustration pour leur rapport annuel.
Un objet sans lequel tu ne pourrais pas vivre ?
Un briquet.
Bill Gates ou Steve Jobs ?
Ni l’un, ni l’autre. Je dirais Hergé.
Le site web que tu consultes le plus souvent à part le tien…
Google parce que je « googleise » mon nom très souvent.
L’album que tu écoutes sans arrêt en ce moment ?
J’écoute plutôt les playlists que je fais. Celle que je préfère s’appelle « sixties » et regroupe des morceaux créés par des musiciens soixantenaires.
Ta dernière expo ?
Ce mois-ci à Milan avec Pirelli qui a organisé une superbe exposition de toutes mes illustrations pour leur rapport annuel justement, à la Fondation Pirelli.
Tu dois savoir que la fin du monde est programmée pour la fin de l’année alors que dois-tu faire absolument avant ?
Une exposition personnelle retraçant mes aventures vécues et imaginaires.
Un dernier mot…
(Article Focus Magazine N°55)
Portfolio : Jackson Armstrong – illustration USA
TĂ©lĂ©charger les wallpapers « Daft BeHeaded »,
dispo en version claire et version foncée !
Voir le portfolio de l’artiste Jackson Armstrong sur www.behance.net/BeHead
Regarder la vidĂ©o « Daft Punk BeHeaded », toutes les Ă©tapes de rĂ©alisation en de dessin vectoriel Ă partir du croquis…
Interview : MyDeadPony – illustration France
Raphaël Vicenzi
Peux-tu te présenter en quelques lignes et décrire ton parcours ? Tu es un autodidacte n’est-ce pas ?
Oui je suis autodidacte, je me suis lancé assez tard dans le design graphique parce que je pensais ne pas être capable de réaliser ce que j’avais en tête et puis posséder un ordinateur n’était pas encore très courant à l’époque. J’ai commencé un peu par hasard aussi, je voulais faire quelque chose d’artistique sans vraiment savoir quoi. J’ai découvert Photoshop et Illustrator grâce à un emploi que j’avais à l’époque et j’ai trouvé ça passionnant. Ce n’est que bien plus tard que j’ai réalisé que ce que je faisais était de l’illustration, et au bout d’un moment j’ai été repéré par Colagene ce qui m’a permis de rester freelance. J’ai eu beaucoup de chance qu’ils me contactent car je pensais sincèrement tout arrêter.
Quelle est l’histoire de ton pseudo ?
Au début il me fallait un pseudo pour DeviantArt alors j’ai choisi ce pseudo à cause d’une photo de moi lorsque j’avais 4 ou 5 ans assis sur un petit poney tout blanc qui me terrorisait parce qu’il me paraissait vraiment gigantesque. Quand j’ai revu la photo, je me suis rendu compte que ce poney était certainement mort et moi j’avais grandi. Le pseudo est resté, c’est devenu une sorte de masque en quelque sorte.
J’ai vu que tu étais représenté par Colagene, clinique d’illustration. Tu es donc devenu un véritable chirurgien de l’illustration ?
Ahah j’aimerais bien ! En tout cas, grâce à Colagene j’ai pu réaliser des illustrations plus variées, apprendre à lire un brief convenablement et à faire des compromis.
Quelles sont les diffĂ©rentes techniques que tu utilises pour arriver Ă de tels rĂ©sultats ? Il y a je crois de l’aquarelle, des collages, des gribouillages et puis un important travail sur la typo…
Oui un peu de tout ça, ça varie d’une illustration Ă l’autre cependant. C’est assez simple au final, je travaille tout ça dans Photoshop avec des pinceaux PS, des calques, masques etc… Je passe beaucoup de temps Ă essayer diffĂ©rentes choses, parfois c’est de la chance et des erreurs et je les garde. J’envisage mes illustrations comme une peinture bien que je ne sois pas capable de peindre rĂ©ellement. Je ne cherche pas Ă faire des effets, j’essaie un maximum de garder une spontanĂ©itĂ© dans le rendu, bien que grâce Ă Photoshop je peux modifier quelque chose après-coup.
On retrouve régulièrement des petites phrases en anglais sur tes créas. Sont-elles une idée de départ ou viennent-elles ensuite comme un complément à la lecture de l’oeuvre ?
La plupart du temps j’ai une phrase qui dirige l’illustration ce qui me permet de la canaliser dans le thème ou l’atmosphère que je suis en train d’explorer. Pour le moment je rajoute des petites phrases spontanées qui me viennent pendant que je crée l’illustration. Je garde un petit carnet de notes sur moi et j’écris mes pensées ou des idées qui me viennent. Certaines idées mettent du temps à devenir une illustration finale, il faut parfois que cela mature au fond de mon esprit sans que j’y repense et puis du jour au lendemain je la réalise assez vite.
Tes illustrations inspirées de la mode sont elles une manière de se moquer joliment de la superficialité et du côté sombre de ce monde, tout en mettant en avant sa beauté ?
Oui c’est le mélange et les contrastes que cela provoque que je trouve intéressants à explorer.
Le concept de mes illustrations m’est venu un peu naturellement comme une suite logique mais lorsque j’ai commencé à développer un style plus personnel je me suis dit que ce serait une bonne façon de dire des choses qu’en général un fashion model ne dirait pas, leur rendre un peu une voix et des sentiments aussi quelque part. J’aime bien la mode en général mais je ne suis pas dupe de la superficialité, du détachement total par rapport à la réalité et des ravages que cela peut causer sur l’estime de soi chez certaines personnes.
Quel est le sens de cette phrase sur ton site : « Fighting wolves since 1972″ ?
C’est une façon de me rappeler que je dois me battre contre mes propres actions inconscientes, que les loups sont à nos portes déguisés en petit chaperons rouges et que je suis né en 1972.
Quel regard portes-tu sur l’illustration belge ? Comment cet univers se développe-t’il en Belgique ?
Avec un peu de honte je ne suis pas de très près ce qui se passe ici. Avec internet je ne trouve plus ça tellement important d’être de tel ou tel pays mais j’aime beaucoup les travaux de Carole Wilmet, Géraldine Georges et Elzo par exemple. J’en oublie sûrement d’autres.
Que se passe-t’il du cĂ´tĂ© de tes actualitĂ©s ? Y-at’il une prochaine exposition de prĂ©vue ?
J’ai une illustration qui sera exposée dans le cadre de Literal eyes a la London Miles Gallery en Mai. Sinon rien de prévu, j’aimerais bien exposer mes illustrations personnelles très prochainement.
Site officiel MyDeadPony : www.mydeadpony.com
(Article Focus Magazine N°49)


























































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